"Le buffle attaché n'aime pas le buffle qui broute." (proverbe Vietnamien)

Publié le par Calou

Fideles lectrices, Fidels lecteurs, Fidel Castro,



Ce nouvel episode des aventures de deux berlugans en vadrouille aux confins du Mekong vous est ecrit depuis notre nouveau pays d'accueil, et ce depuis dimanche matin et pour un mois : Le Vietnam.
Ce fut une nouvelle fois un bon vieu trip a l'ancienne que de venir jusqu'ici. Dans la nuit de Samedi a Dimanche, nous avons partage un taxi avec un receptionniste philippin de l'auberge. 30 Riggits par personne et trois-quart d'heure plus tard, nous voila a Kuala Lumpur International Airport. Notre  vol partant a 9h du mat' nous sommes extremement en avance, mais ca faisait baisser le prix du taxi... On se choisit donc un bon vieux fast-food pour y meubler un peu de temps et remplir nos pauvres estomacs tellement laisses pour compte ces derniers temps. Non,je deconne on est vraiment des sales... Le Marrybrown et ses specialites de poulets scintillent a nos yeux comme le refuge ideal. Menu XXXXL plus extra burgers etc... Jeanjean nous regale d'un grand moment d'origami sur un billet d'1 Riggit, le bateau, puis l'avion que du tres grand!Les heures passent tres doucement quand on a fait nuit blanche. On se pose donc sur un banc a compter non pas les moutons mais les hotesse d'AirAsia.
Devinettes : 1) M. et Mme "veuencoredeshotessesd'airasia" ont un fils ?
2) M. et Mme "sontquandmemehyprabonnesdansleursuniformesrouges" ont un fils ?
Reponses en fin d'article pour ceux qui n'auraient pas encore trouve.
Revenons a nos hotesses...euh a nos moutons pardon.. on a finalement fait notre check in mange un donut puis file vers la porte d'embarquement et saute dans notre vol KUL-SGN a destination d'Ho Chi Min City (HCMC pour les autorites, Saigon pour les intimes). On s'est effondre comme des merdes contre le hublot et reveilles juste a temps pour apercevoir quelques minutes avant l'aterissage que nous etions au dessus du delta du Mekong avec toutes ses ramifications qui serpentent a travers une jungle a perte de vue. Au fur et a mesure, la vegetation devient plus eparse, puis laisse place a d'immenses terrains cultives et enfin on distingue les premieres fermes, les premieres routes frequentees et enfin : Saigon. Un agglomeration de pres de 7 millions d'habitants qui s'etend sur des centaines d'hectares. On ne sait plus ou donner des yeux, ca part de tous les cotes. A quelques dizaines de metres du sol on distingue desormais clairement l'immense et interminable ballet des scooters sur chaque route et a chaque inersection. L'avion atteri enfin. Sur les cotes de la piste une accumulation de hangars rouilles qui protegent des helicos sont plantes la depuis probablement des annees. Une fois dans le terminal on fait la queue pour l'immigration. Je me fais jeter par un douanier pour n'avoir pas rempli le doucument d'entree. Oh ca va on etait pas au courant. On refait un essai dix minutes apres, munis du precieux sesame. Dans la file d'attente on part en eclats de rire sur le theme parano de : "Tu crois qu'ils savent tout de nous" "oh putain, il a tout compris le mec". Je manque d'eclater de rire a la gueule du douanier en voyant ma photo sur l'ecran d'ordinateur. "Putain il a tout compris, le mec". Oui c'est les nerfs qui lachent on est d'accord...
Le trajet en taxi (160 000 dongs = 5,30 euros) qui s'en suit est... quelque chose de rarement vu auparavent. Des deux roues....partout ! Et qui arrivent de tous les cotes, le taxi les double sur la voie d'en face tandis qu'une trentaine arrivent de ce cote la. On les evite je sais pas comment, puis un camion arrive a contre-sens et rebelotte on s'en sort... Waou... Le taxi nous depose 219/8 Phan Ngu Lao dans le 1er District ou Quahn (derive de "quartier", Saigon en compte 15 urbains et 5 agricoles). Nous entrons dans l'allee qui n'est pas sans nous rappeler celle de l'Oka hotel a Bali. Nous avons reserve 4 nuits au My My Art House, geree par une petite famille et c'est la mamie qui tient les renes. Mamie, donc, nous installe a la table, nous montre son catalogue d'excursions en s'excusant que la chambre ne soit pas prete, et nous propose de revenir dans une heure. Il est midi, il fait 34 degres. L'humidite n'en parlons meme pas. On prend alors le chemin du Ben Thahn Market, un immense marche couvert au centre de Saigon situe a seulement 500 metres de l'hotel. Il nous fallut donc 30 bonnes minutes pour le trouver, se fiant bien sur a notre sens de l'orientation qui a deja fait ses preuves dans d'autres pays. Si l'on peut eventuellement minimiser cet echec, ce serait en disant qu'en sortant de l'hotel, deux Cyclos (Pousse-pousse) nous abordent dans un anglais impeccable et dans la discretion qu'on leur connait: "Hello my friend Hello, come come have look". On leur repond un necessaire Cam on (="Merci", l'air de dire... ben, degage en fait). Et la, alors que nous forcons un peu le pas pour qu'ils nous lache, il lance un sprint en cyclo pour nous depasser et nous montrer SON argument le plus probant : Un cahier a spirales. Oui mais qu'il ya til dans cet elegant cahier, me demanderez-vous ? Et bien on y trouve son livre d'or. Rien que ca. "Where you from my friend ?"."France", argumentais-je alors dans un franglais impecable. Il se met alors a tourner les pages du cahier a 2000 a l'heure pour tomber sur le gentil mot laisse un beau jour de 2002 (sic) par Laurence, une quebecoise de Montreal qui dit, je cite, "avoir passe un agreable moment". On decide alors de se barrer. Bien entendu 30 metres apres revoila la cavalerie, cette fois-ci accompagne d'un second cyclo. La fin de la discussion sera une succession de: "one hour, good for you." "Cam on", "Come come have look", " No thanks", "No", "Non", "No"... Finalement un passage pieton aura raison de nos deux compagnons de route... et de notre sante ! En effet, autant le taxi evitait a merveille tous ces scooters, autant on a une petite aprehension du coup. On se dit que traverser une rue au Vietnam ça peut vite etre l'angoisse. Il faut oublier ses principes, se dire qu'on a aucune chances, fermer les yeux en esperant qu'une ame charitable nous evitera du haut de son deux-roues... On se lance, le palpitant monte a 140 d'un coup, et puis, tel un funambule arrivant a l'autre bout du fil les yeux bandes, on est partis, les scooters nous evitent, un coup a gauche, un coup a droite, plus que trois metres... Aaahh c'est bon putain on l'a fait ! Notre Everest vietnamien ! On entre dans un boutique qui a l'air sympa et au moment d'un ressortir, une pluie torrentielle s'abat sur nous, avec la chaleur du sol qui remonte et la proximite des gazs d'echappement on prend un claque. On file donc vers le Ben Thanh Market qui nous accueille a bras ouverts. Et qui ne nous lache plus d'ailleurs. Non, non, madame il faut me laisser partir maintenant. Allez, salut. On deambule d'allees en allees. C'est l'accrochage sans discontinu. "Come come" "Hello come here" ou dans un style diffent, le petit clin d'oeil qui va bien avec un double tapotage du matelas atenant, sans doute pour me signifier qu'il etait d'un grande qualite et livrable dans le monde entier. A ce moment la de la journee (c'est a dire tout de meme 2h apres l'aterrissage), on est dans les cordes. Il fallait reagir. Contre-attaquer. Rendre coup pour coup. De ce fait, a la prochaine incartade je me lance. "Hello (clin d'oeil) handsome boy, what are you looking for today ?? (clin d'oeil x2). "Euh... the Exit ? (clin d'oeil, enfin a moitie, ou trop j'sais plus, j'arrive pas trop bien a les faire, j'ai tendance a fermer les deux yeux...)".
C'est ce qu'on a fait, on est sorti de la. Ca tombe bien, le Gang des Cyclos nous y attendait. Putain mais il est ou l'hotel, bordel ! "Bordel ??? You want young girls ???" Oh toi ta gueule aussi !!!! On part donc dans une direction aussi aleatoire que possible, pour brouiller les pistes, bien sur. On arrive tant bien que mal a retrouver notre hotel. Le temps de boire 1,5 L d'eau cul sec, notre chambre etait prete. Mignonne, deux lits, un balcon, et surtout clean et munie d'un minibar. Nickel... Adieu ronflements pakistanais...et bonjour travaux d'a cote. Vu qu'on vient de se taper une premiere sortie "stress" , precedee d'une nuit blanche, on se permet une petite sieste jusqu'a 20h30. On sort alors le Lonely Planet pour voir qu'on a un Pho (="soupe", designe d'une maniere generale les restaurants servant de la bouffe traditionelle vietnamienne) juste a cote de l'hotel. Ca passe hyper bien. Une soupe aux vermicelles, au boeuf, au soja, carotte etc... accompagne de quelques nems, parfait pour ce qu'on a. Une fois le repas termine, on file vers le Allez-Boo, au coin de la rue. Construit tout en bambous, il offre au dernier etage une large terrasse avec vue imprenable sur le carrefour ou on peut admirer les chasses-croises des vehicules en sirotant un milkshake banane ou une biere locale (Saigon Beer, ou une 333 Export, qui se prononce Baa Baa Baa). On rentre a l'hotel se coucher vers 2h du mat'. Non sans reveiller la famille qui nous heberge puisque la porte ferme a minuit.

Lundi Matin, vers 13h des aurores on emerge enfin.
Il est temps de prendre Saigon par les cornes. On part visiter le War Remnants Museum (Musee des temoignages de guerre) dans le 3e district. Autant vous dire que ca vous prend un peu a la gorge ce genre d'endroits. On commence par faire un peu les cons autour des tanks, puis on est vite deja dans ce qu'il reste de la prison Americaine ou furent emprisonnes des milliers de vietnamiens durant la guerre. L'ensemble des mutilations et exactions commises, de meme que les photos des mutiles de guerres, avant-pendant-apres, c'est quelque chose. On entre ensuite dans l'exposition des materiels miilitaires de l'epoque, avec sur les murs des citations d'Ho Chi Min, des coupures de journaux du monde entier de l'epoque, photos des victimes de "L'Agent Orange",la carte des pays ayant reconnu le Vietnam en tant que nation legitime par ordre chronologique de la Chine en 1950 a l'irlande (?) en 2004. En passant par les Etats Unis en 1995 lors de la visite de Bill Clinton qui mit fin a l'embargo. Tout un pan de leur Histoire et de leurs souffrance face a nous, d'un coup d'un seul. Ca fait beaucoup. D'ailleurs autour de nous aucun visiteur n'a dit le moindre mot depuis notre arrivee. On entend juste le bruit des vieux ventilateurs qui tournent a plein regime.
En sortant de la, soit tu te pends, soit tu va manger un bout. Alors sans transition on est alle chez Restaurant Arnold. Comment dire ? un festin ! Du saute de porc au miel, des nems, des rouleaux de printemps aux oeufs et aux crevettes, un emince de boeuf etcc.... Le tout avec un Smootie Mangue-Miel qui envoyait bien du lourd.
On est ensuite parti se perdre se ballader dans ces rues la, cherchant la poste, trouvant la Cathedrale Notre-Dame, cherchant le consulat sur le mauvais plan et tombant sur de magnifiques jardins. Heureux dans notre malheur.
Le soleil se couchant, il est desormais temps de regagner notre humble demeure, non sans avoir a traverser plus d'une fois les rues et les carrefours. Comme Saigon est une ville qui merite d'etre vue pour etre aussi bon crue que cuite, qui l'eut cru, voici deux documents en camera cachees (genre :) et en flipp-o-rama.


Et beh... on est encore la, c'est ca qui compte !

Et puis nous nous sommes rendus, tout pres de l'hotel, au Vietnamese Massage Institute qui est une association de non-voyants a qui il a ete enseigne l'art du massage traditionnel vietnamien (bien, mais alors, bien appuye !) et qui pour 40 000 dongs (=1,5 euros) proposent un massage plus que competitif. Une heure de massage plus tard, les douleurs et courbatures de la premieres semaine de voyage etaient effacees comme par enchantement et nous nous sommes couches, repus. Et surtout devant se lever hyper tot le lendemain pour un excursion.



Le reveil sonna donc a 6h50... Enfin ce que l'on croyait etre 6h50, puisqu'il s'agissait en fait de 5h50. On ne sait encore pas trop bien comment on s'est demerde, mais en gros, a Kuala Lumpur on a jamais regarde l'heure, mais depuis qu'on a achete un ePC, on se fie a l'heure en bas a droite (celle de Paris, ce serait trop simple de l'avoir regle autrement), ce a quoi on ajoute machinalement 6 heures de decalage. Alors qu'il n'yen a que...5. Les plus heureux dans l'histroire c'est bien sur la famille de l'hotel qui nous a vu debarque dans le salon a 6h15 pour y prendre le petit dej' alors qu'il nous avait fixe le rendez-vous a 7h30... Du coup ils se sont leves eux aussi. Nous, ne comprenant toujours pas quel etait le probleme puisqu'aucune des 5 horloges du salon (Londres, Paris, Saigon, Tokyo et New-York) n'indique une heure coherante. Bref on nous a servi un petit dej, le temps de sympathiser avec un couple anglais, eux-aussi partant pour la journee d'excursion a Cu Chi. Il s'agit d'un site ou l'on peut visiter les anciennes galeries sous-terraines utilisees pendant la guerre pour tromper l'armee americaine. Le petit village de Cu Chi etait au centre des 250 km de sous terrains creuses nuits apres nuits par les Viet Cong. Notre guide Huang, qu'il se doit d'appeler Joey: "Like a baby Kangoroo, today you will be my kangooroos and i will be your baby !" Ah oui, j'oubliais, Joey est tres marrant et surtout tres fin comme garcon. En particulier quand il nous conte l'anecdote des "Three dollars bill", surnom donne aux gays. Joey a donc un beau-frere "Three dollar bill" (ah oui il precise: "il existe des billets d'1, de 2 mais pas de 3 dollars", en lourd, le troisieme sexe) qui est tres bien comme "three dollar bill" puisque la semaine derniere il lui a donne des affaires a laver et que le "three dollar bill" s'est quand meme bien debrouille pour un "three dollar bill". Je vous passe les histoires passionantes de Lady Boys, de chinois qui mangent des cervelles de singes etc... Bref une tres belle entree en matiere pour Joey qui est vraisemblablement passe tres pres d'une carriere de comedien Stand-Up. Nous faisons un premier arret a l'usine Handicapped Handicraft, une association gouvernementale qui emploie uniquement des victimes de "L'Agent Orange", surnom donne
au plus utilisé des herbicides employés par l'armée des États-Unis lors de la guerre du Vietnam. On passe d'abord dans les ateliers ou ces personnes font un travail hallucinant de decoupe de la nacre, creation d'artefacts, de souvenirs etc... Une salle d'exposition-vente poursuit la visite ou on tombe sur le cul de la beaute des choses presentees. On aurait bien fait un DHL avec la moitie des oeuvres exposees.
La route se poursuit, avec, dieu merci, moins d'explications de la part de notre guide spirituel Joey. Nous arrivons donc a Cu Chi ou l'on part dans un circuit amenage voir a peu pres dans quelles conditions ont survecu et ont combattus ces hommes et ces femmes restes sous terre des mois durant pendant les bombardements.On commence par un petit film datant de 1963 pour vous donner un apercu du patriotisme qu'il pouvait contenir, suivit d'un petit cours de geographie locale par Joey, pour le coup tres interessante. Il a notamment pointe les differentes zones de combats et explique l'importance de ces resaux sous-terrains. On poursuit par l'exploration d'un premier tunnel, a 2 metres de profondeur, long de 7 metres, dans le noir absolu, ou l'on doit se reperer par rapport aux asperites de la paroi, et ou l'air commence un peu a te manquer a mi-parcours tout de meme...


La visite continue avec l'inventaire des pieges a GI. Piege a ours, porte piegee, piege de marecages, j'en passe et des horreurs. Juste apres se trouve une cabane ou on voit comment les Viet Cong recuperaient les obus non-exploses pour les reutiliser contre les americains. Et puis vint le moment de poesie de cette journee quand nous avons eu la possibilite d'essayer, que dis-je, de comparer la puissance d'un AK-47 face a celle d'un M-60. Loin de moi l'idee de faire l'apologie des armes je vous laisse seuls juges, meme si je pense que j'assure plus avec mon AK-47 que Jeanjean et sa trompette de M-60. Enjoy...




Ah on est beaux tiens ! Allez on vous laisse decouvrir les photos de l'Album Photo Ho Chi Min / Saigon en cliquant sur le Char ci-dessous :)

P.s.: Reponses aux devinettes. 1) Jean 2) Pascal. Oui on s'emmerde un peu a l'aeroport des fois ;p

Publié dans Vietnam

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Commenter cet article
G
<br /> alors la je dis bravo les gars !<br /> un jolie message d'espoir pour la sécurité en france ;)<br /> <br /> ps: on voit qu'il y a un reste de paintball dans votre aisance à manier les armes de guerre<br /> <br /> see you<br /> coupo santo spirit<br /> <br /> <br />
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C
<br /> ...et l'en avan di fort !<br /> <br /> <br />