"Le Nirvana est la cessation du devenir"

Publié le par Calou

"Je veux... Ce que eux veulent ! Et ce que tout les autres gars qui sont venu ici et qui on vidé leurs tripes et donné tout ce qui avaient dans le ventre veulent ! Nous voulons juste que notre pays nous aime autant que nous l'aimons ! Voilà ce que j'veux !" Rambo, dans Rambo II.

Ce n'est donc pas du tout dans cet esprit la que nous avons aborde ce trip a Mui Ne. Il fait toujours aussi bon vivre au Dragon Fly ou on est un peu des pop-stars. En gros, on se leve le matin, pour aller faire un check a tout le monde au resto de l'hotel, puis on part sur la gauche, discuter avec le vendeur de souvenirs, puis 20 metres plus loin c'est l'agence de voyage ou Hien nous fait un coucou, avant de passer devant le salon de massage ou tout le monde est assis a la table devant et nous demande comment ca va. Enfin, il suffit de traverser la route pour arriver au Saigon Mui Ne Resort **** ou je serre la main de l'agent de securite qui me voit passer tous les jours pour squatter la piscine. Erpouvant. Heureusement, les transat du 4 etoiles sont confortables et permettent de penser a autre chose que ce quotidien eprouvant qui est le notre. Bon ok, j'arrete :) Mis a part le squatt du Saigon-Mui Ne, du Coco Beach Resort et du Blue Lagoon, on a pas mal sympathiser avec Jacli du resto, un mec de 20 ans, qui bosse en tant que guide dans une agence de voyage de Mui Ne et quand il n'a pas de client en tant que serveur au resto. Il nous a fait avoir des super prix pour des excursions qui ont donne du rythme a ces deux derniers jours. Lundi, un chauffeur qu'il connait bien nous a emmene avec sa Jeep faire un tour des environs, et ca envoyait du gros ! Pour environs 15 euros, il nous a balade une bonne partie de la journee, des 8h du mat pour voir les bateaux de peche revenir par milliers au port pour y revendre leur peche de la nuit. Tres impressionant depuis le point de vue que nous avions. L'arret suivant nous conduit aux Red Canyons, qui sont certes bien moins impressionant que pas mal d'autres canyons, mais l'endroit est si calme au mileiu de la campagne vietnamienne, qu'on commence vraiment a se sentir extremement loin de Saigon et sa pollution sonore quasi-permanante. Apres cela, 5km plus loin nous avons quitte la route pour entamer la piste de sable qui conduit aux WhiteSand Dunes. 500m apres l'embrachement nous arrivons a un premier lac, d'eau douce, recouvert a moitie de fleurs de lotus. Une fois la photo prise, notre chauffeur, Mui, arrete la voiture au pied d'une foret de pins, toujours le long du lac, qui donne acces direct aux dunes, nous louons deux "luges de sable", et nous voila parti en misson... dans le desert :) On croise des chevaux sauvages qui boivent dans un etang avant de grimper la dune la plus haute, sous une chaleur hallucinante, de plus on s'enfonce a chaque pas un peu plus dans le sable, ce qui a pour dont de fatiguer assez rapidement nos organismes fatigues par deux jours de glande internationale entre piscine et plage. N'ecoutant que notre courage, nous arrivons finalement au sommet de la dune, ou on s'offre une pause photo et surtout l'occasion de boire 3 litres d'eau cul sec. Je me lance le premier dans la descente a bord de ma plaque de PVC de 5mm d'epaisseur. Bon moment, mais j'etais plutot assis pour la premiere, ce qui ralenti pas mal. Puis c'est au tour de Jean, qui une fois au pied de la dune, n'y remontera pas et ira squatter avec d'autres Doudou (surmon donne par l'illustre Jack Slater aux chevaux, a ne pas confondre avec les Didi, qui sont les ptit chiens). Je remonte la pente pour un deuxieme et un trosieme essai, cette fois ci en m'allongeant en avant, ce qui donnait a la fois plus de sensations et la possibilite de ramener 30 kilos de sables dans les poches du pantacourt. Enfin de ce qu'il reste du pantacourt :) En me relevant au troiseme essai, j'entends un craaaaaackkkk retentissant, decouvrant mon froc ouvert de haut en bas... Heureusement j'etais muni du mon calecon "Tigre" qui donne beaucoup plus de charme a la scene et declanche un bon foutage de gueule de tous les vietnamiens qu'on croise... Mais, bon, on fait avec ! De retour avec Mui sur la route principale, il s'arrete soudain sur le bord de la route et nous demande de sortir vite de la voiture dans un anglais improbable ou je comprends naivement "walk road budhism". Bon ben ok on va marcher le long de la route pour aller voir un temple me dis-je. Il en profite pour faire demi tour et se barrer. Et ils y allerent ! Je me dis qu'il doit avoir honte de mon calsif. Et en fait 1km plus loin, on comprend qu'il n'avait pas de licence pour accompagner les touristes ou quelque chose dans le genre, en voyant un controle de police (et non pas "budhism", quel con...). On attend donc patiement, un peu dans le flou en sirotant un 7UP sur un bar miteux du bord de la route ou les gens doivent vraiment se demander qu'est ce qu'on fout la avec nos gueules de bagnards, plein de sables des pieds a la tete et portant des guenilles plutot que des vetements. Ah oui Jeanjean se baladait aussi pieds nus histoire de donner un petit cote "Radeau de la Meduse" a nos aventures. Anyway ! Notre chauffeur clandestin revient un quart d'heure apres, quand les condes avait decolle. On remonte dedans tels deux GI parachutes en rase campagne avant de marquer l'arret a l'embouchure d'une riviere. 30 metres plus loin le chemin descend directement dans l'eau et il faut continuer avec les pieds dans l'eau. Rafraichissant apres les dunes. Le niveau de l'eau est entre 10 et 30 cm selon les endroits, donc largement jouable. On remonte la riviere sur environs un kilometre avant de monter une dune sur la gauche, dans une pente a 60% sur environs 400 metres. Extenuant, mais ca vaut le coup, d'en-haut on a acces a un panaroma enorme sur la mer et l'entree de Mui Ne ainsi que sur les dunes environantes. On redescent en courant (ben oui, a midi, le sable ca brule les pieds et quand on sait qu'il ya un riviere en contrebas, ca vaut carrement le coup). Et apres avoir patauge un peu plus loin, on remonte dans cette bonne vieille Jeep pour deux arrets bref sur un marché, et sur une derniere dune, un peu moins sympa. On revient au DragonFly, tels deux héros a la fin du film. Il est temps de raconter nos exploits aux serveuses en devorant plein de trucs sympas. Apres manger, la fatigue arrive, principalement due a la soiree passee la veille avec Jacli et un autre vietnamien, a "deguster" quelques specialites locales d'alcools de riz qui a masséré avec des bestioles pas racontables (seprents, hippocampes, scorpions etc..). Il est de tradition d'accompagner ces breuvages par des "oeufs de cent ans". Des oeufs durs encore avec la coquille qu'ils embaument avec de la poudre de médicament (?), des herbes et probablement d'autres trucs qu'on veut pas savoir. Les oeufs sont ensuite remis dans leurs boite de 6 et mis sous terre pendant un mois ! On ouvre les oeufs dans un bol. Ils sont bien sur noirs. Et on melange ca avec des petits oignons au vinaigre, a la cuillere. Alors je sais tout ceci a sans doute l'air vraiment degueulasse au premier abord, et c'est vrai que c'est pas le joie sur nos visages quand on voit ca sur la table. On a bien sur pense a des scenes des Bronzes font du ski, du genre : "- Et comment vous faites entrer le... crapaud à l’intérieur ?
- Et bien, on le fait sécher... comme ça il devient tout fin, tout fin. On le rentre dans la bouteille, et après, avec l’humidité, il gonfle." LOL.
Mais au final les oeufs se marient bien avec les oignons (si, si j'vous jure :) et l'alcool, bon ben c'est quand meme moins hardcore que certains trucs qu'on trouve dans les placards de Jean a Beaulieu...
Revenons a nos Doudous. Donc une sieste et 2 heures plus tard. Je retrouve Jean a la chambre. Ah oui, j'vous ai pas dit, on fait chambre a part pour la sieste, lui il dort dans la chambre, souvent a meme le sol ("c'est bon pour les cervicales") ou sinon en s'endormant sur le lit devant Animal Planet ou Discovery Channel. Quant a moi, je pars faire un "check" a l'agent de securité avant de m'effondrer sur un transat pour l'apres-midi tout entier.
Apres la sieste, il est souvent temps de reagir, reflechir a notre avenir en priant le buddah, prendre le Doudou par les cornes ou, rien de tout cela et on part se faire masser chez Lena Massage. Autant vous dire qu'on est connu la-bas. C'est limite ils nous font la Ola en arrivant. Que du bonheur : Massage aux pierres chaudes, aux huiles essentielles, Thai, relaxant, et meme a "quatres mains" (Ouch' !), on a pris tout ce qu'il y avait sur le menu, c'est meme tellement bien que j'etais a deux doigts d'essayer celui "anti cellulite", c'est vous dire ! Voila donc comment le temps passe paisiblement a Mui Ne, notre petit paradis de la semaine...
Aujourd'hui, Mardi, c'est une autre aventure, et de taille (49 metres exactement), qui nous attendait : Aller voir le Buddah couché de Ta Cu Mountain, le plus grand du Vietnam. C'est a 40 minutes envrions de Mui Ne. Sur le chemin on s'est arrete visiter un temple Cham (une des ethnies minoritaires au Vietnam) construit, selon leur tradition en briques rouges qui sont assemblees puis brulees en surface avec des feuilles de riz pour que la boue entre les briques se solidifie. La vue depuis le temple est superbe, on y voit toute la baie de Mui Ne. La route continue, toujours en compagnie de Jacli et du chauffeur. Jacli est venu specialement avec nous pour prier Buddah pour trouver une issue aux problemes qu'il rencontrent en ce moment. C'est donc le guide ideal pour une initiation. Apres avoir emprunté le téléphérique, construit par des ingenieurs austaliens et financé par Vinh Hao la marque d'eau gazeuse vitenamienne, qui nous amenent en haut de Ta Cu Mountain. La montagne de Ta Cu n'est devenue un lieu de culte qu'aux alentours des années 1860. A cette époque, la jungle recouvrait la montagne et un jeune moine boudhiste, guidé par ces prieres, décida de quitter la vallée et de monter au sommet de Ta Cu pour etre plus pret de Buddah. L'histoire dit que durant son ascenscion, il se trouva face a face avec un tigre blanc. Le moine se mit alors a parler au tigre, qui se posta alors derriere lui et le protégea plusieurs jours durant. Quelques années plus tard, le roi du Vietnam, depuis sa capitale de Hué (au nord de Da Nang) entendit parler de l'histoire de ce jeune moine qui vivait dans une cavité rocheuse au sud de Mui Ne et parti a sa rencontre pour qu'il prie sa femme mourante. Le moine, pour des raisons spirituelles, ne pouvait pas redescendre de Ta Cu, et prépara donc au roi une mixture a base des plantes des forets alentours. La reine fut rétablie et le roi offrit au moine une pagode en remerciement. Années aprés années, d'autre temple ont poussé autour de la pagode originale. Apres le téléphérique, il faut monter une centaine de marches pour accéder au premier promontoir qui est dédié au moine fondateur de Ta Cu. On y trouve sa tombe, ainsi que celle du tigre. Jacli nous montra ensuite dans la pagode, comment il prie Buddah. On prit donc 5 encens chacuns (sur lesquelles il ne faut surtout pas souffler) pour aller déposer le premier devant l'autel de Buddah, apres s'etre agenouillé, fermé les yeux, tenant les encens devant nous au coeur de nos deux mains jointes et surtout avoir posé une question a Buddah. Puis en se relevant, on repete trois fois la question, depose l'encens puis un autre a chaque coin de la pagode. Une fois notre esprit libéré :), on a continué de monter pour arriver au Tuong Phat Nam, la fameuse statue couchée.

C'est assez impressionant. Le bruit lointain des oiseaux de la foret est a peine couvert par les incatations de quelques fidéles venus, souvent de loin a bus ou a pied, prier devant l'immense édifice, touchant la statue pour en capter l'aura et suivant les recommandations d'un moine, qui est la pour t'aider a chasser les mauvaises ondes. Ce moine, qui ressemble un peu au perosnnage de Pai Mei dans Kill Bill mais avec un seul Dreadlock a l'arriere de la tete, te touche, te tape, te gratte, tape des mains, gesticules deux minutes en faisant des incatations. Tres impressionant, surtout quand il ouvre grand ses yeux en guelant vers toi. Une fois le "One-Moine-Show" (putain ca fait un moment qu'elle me démangeait celle-la) terminé, Jacli vient nous voir sur le coté et nous dit qu'il ne croit pas en ce genre de types. Dix minutes plus tard, en recroisant le moine un peu plus bas, devant une autre statue, le moine interpelle Jacli : "Je sais que tu es allé leur dire que tu ne croyais pas en moi, mais je ne t'en veux pas". Jacli sur le cul, limite en train de bégayer en nous traduisant ca. Il se met du coup a parler longuement avec lui, le questionnant sur sa vie présente et son avenir. Le moine partira ensuite en s'adressant directement a Jean et moi : "Le monde ne va pas bien, le 'mauvais argent' a rendu fou les habitants de cette planete. Tout ceux qui viennent ici je veux les aider.". Ben... merci l'ancien !
Etonnante experience que fut la notre au sommet de cette montagne dédiée a Buddah. On a pris le téléphérique du retour avec une pretre qui est l'une des quatres habitantes permanantes de la montagne. Elle nous invita d'ailleurs a la fete en l'honneur du premier moine de Ta Cu aux environs de Noel. On descend de la cabine et retrouvons notre chauffeur a l'ombre, étalé sur un hammac. On paye une tournée de Ice Tea a la menthe a tout le monde, et on l'imite dans sa position. Au retour, Jacli nous arrete au marché de Phan Tiet ou on a trouvé tout ce qu'il nous manquait, aka un Tshrit, des tongs, un pantacourt et un sac a dos pour Jeanjean et un pantacourt pour moi. On s'est régalé d'un cocktail de 10 fruits mixés, au centre du marché et on a retrouvé Mui Ne et notre bungalow du DrangonFly, d'ou je finis ces quelques lignes. Je vous laisse comme d'habitude découvrir les photos prouvant (partiellement :) la véracité de nos propos. Remerciant a nouveau tous ceux qui nous suivent, je vous donne rendez-vous demian ou apres-demain pour d'autres histoires, Inch'buddah !

Publié dans Vietnam

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M
<br /> au sujet des ""oeufs de cent ans""<br /> j'imagine la tête de ""RATI""<br /> <br /> <br />
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P
<br /> On t'a reconnu Mathieu Ricard.<br /> <br /> <br />
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