Y'a que de l'eau, de l'eau de pluie, de l'eau du Laos...

Publié le par Calou

Nous y revoila !
 
Apres 3 jours et 500km parcourus sur nos Honda Wind 100cc, nous revoici a Pakse, au sud-ouest du Laos.
Nous nous etions quittes Dimanche soir a Vientiane. Lundi nous sommes partis en bus avec les locaux pour pres de 500km en 11 heures, plein de petits moments sympas, sans croiser un seul Falang de la journee (litteralement = "Francais", mais plus largement utilise pour parler des blancs). Deja, le bus n'etait pas surblinde, ce qui nous permettait de nous etaler comme deux merdes. Jean tout a l'arriere, allonge par terre devant les sieges du fond et moi a l'avant-dernier rang. La route fut longue, interrompue par des "pause-pipi" en plein milieu de la Pampa, avec les mecs alignes en rangs d'oignons, le long de la route et les femmes se cachant derriere un buisson. Le bus transporte bien entendu tout et n'importe quoi sur le toit et dans les soutes : Environs 1500 oeufs, des velos etc... Vers 16h nous faisons une longue pause a Thakaek avant de repartir en d'enchainer les 200 derniers kilometres en pres de 4 heures 30... Il parait que l'eternite c'est long, surtout sur la fin. Forcement, il ne nous etait encore rien arrive d'incroyable dans la journee. C'est alors que le chauffeur s'arrete au milieu de nulle part. Tout le monde croit a une courte pause, mais en fait un pick-up vient se garer devant la porte. Le chauffeur fait alors descendre tout le monde et charge a bord (sur les 4 derniers rangs) environs quarante sacs de 10 kg de concombres :) Pourquoi pas... En tous cas si on arrivait pas a Pakse, on serait surement pas morts de faim. 21h sonne l'arrivee a la gare routiere de Savannakhet. Un trajet en Tuk-Tuk plus loin et nous arrivons au Sayamungkun GuestHouse pour y passer la nuit. N'ayant rien bouffe de la journee a l'exception d'un Banh Bao, on se rue Au Rendez-Vous, a l'angle. Le p'tit vieux est en train de fermer le rideau de fer mais nous propose de reouvrir la cuisine pour nous. On apprecie enormement le geste. Apres le repas, retour a la guesthouse, Savannakhet se transformant assez rapidement en "operation Ville-Morte".
Mardi matin, apres un petit-dej chez le meme Papi de la veille, on est alle attendre un bus a la gare routiere. Le depart est pour 14h. Cette fois on a eu la bonne idee de s'installer assez rapidement dans le bus, de nombreux falangs etant obliges de rester debouts dans le rang du milieu pendant de longs kilometres. Les Laotiens etant pour certains assis sur des sacs de riz dans l'allee centrale. Au fond du bus, nous faisons la connaissance de Tifenn, infimiere parisienne de 27 ans, fan de la Thailande et qui vient de finir de bosser deux mois dans un hopital dans le nord. On a beaucoup tchatche durant les 6 heures de bus au programme sur 297km. Elles nous a donne quelques bons plans a faire dans le sud de la Thailande, en particulier son "ile secrete" :)
A 20h nous arrivons enfin en gare routiere de Pakse, 36 heures apres avoir quitte Vientiane. Nous negocions un Tuk-Tuk a 10 000 kips chacun. Le chauffeur nous depose a une premiere Guesthouse qui est deja pleine. S'en suit une grosse demi-heure de recherche de chambre pour la nuit. Notamment un grand moment d'efficacite de la part d'un collegue receptionniste local : Je rentre dans un hotel, demande une chambre, 60 000 kips, Ok, Je demande a visiter, Il me donne la cle, Je monte, examine la chambre, redescend et lui dit que c'est Ok a l'unique conditions qu'ils changent les draps, qui sont vraiment degueulasses. Reponse : Pffff... Non laissez tomber. Ok mec, salut ! On finit finalement par trouver une chambre au Nailin (Who's Nailin' Palin ?). Apres une bonne douche, on rejoint le petit clan francais du bus au Jasmin. Encore une fois : On est bien chez l'indien. Tout le monde discute de ce qui va occupper les prochains jours, le Trip a Moto.
Mercredi matin, c'est le moment du depart. Nous rejoignons Tiffen chez l'indien, elle a deja negocie le prix des motos (50 000 kips par jour). Apres un ptit dej', c'est parti pour le Pateau des Boloven, réputé pur son climat agréable, ses cascades spectaculaires et ses habitants adorables. Les ethnies Alak,  et Laven (Boloven signifie "Patrie des Laven") peuplent principalement le plateau. Pour cette premiere journee a moto, le parcours choisi etait le suivant : Pakse - Pakxong - Thateng - Ban Beng - Tad Lo. Au total 160km, et trois cascades a visiter : Tad Fane, Tad Champee et Tad Yuang. La premiere, visible seulement de la colline d'en face, est a 38km a l'ouest de Pakse, d'une hauteur vertigineuse mais n'offrant aucune possibilite de s'en approcher. La seconde, sur la meme intersection, de l'autre cote de la route, est nettement plus agreable. On descend au milieu de grandes fleurs rouges sur 300 metres avant d'arriver a un petit lac, ou se jette la Nam Tok (="cascade"). On se pose la quelques instants, hesitant a deux fois avant de se baigner mais finalement y renoncant pour deux raisons : D'une, l'eau est a peu pres a douze degres. De deux, Lonely Planet parle de la presence de tout petits poissons qui "s'introduisent dans le penis". Non merci, pas pour cette fois. Apres cette rapide prise de conscience, Jean se fraye un chemin pour passer de l'autre cote des chutes, imité, quelques minutes plus tard, par moi, puis Tifenn. La remontée est bien plus fatigante que ne l'a été la descente, et une fois de retour sur l'esplanade au nous avons garé les motos, la mienne décide... de ne pas redémarrer. En la poussant en 1ere elle se reveille finalement puis cale, puis re-redemarre, puis re-cale donc moi je suis re-pas content et ainsi de suite jusqu'a une baraque en bord de route ou un Lao trafique 5 minutes ma becane et je n'ai plus eu un seul probleme par la suite. Nous nous posons donc 5 minutes chez lui en lui achetant des boissons. Apres cela, descente sur Tad Yuang, sans doute la plus impressionante de la journee. On y accede par le sommet de la cascade, et on peu s'approcher jusqu'au bord... Apres on emprunte un chemin pour voir la cascade depuis une butte juste en face. On a beau etre a plus de 50 metres, on recoit des projections d'eau sous forme de bruine. Jean sympatise avec une équipe de profs d'un lycée francais et on apprend un nouveau mot Lao/Thai : Chuk-Chuk.
Il est temps de reprendre la route. Apres avoir faitr le plein a Thateng, on prend la piste sur 20km. Le paysage est juste parfait, sur notre gauche, la vallée avec le soleil couchant. On traverse de nombreux villages et hameaux sur le chemin, partout les gens nous crient "Sabaiidee", les enfants courent a coté des motos, les animaux divers et variés (poules, cochons, vaches, biquettes, didis, doudous, etc..) traversent la route n'importe ou et n'importe comment. On s'arretent de temps en temps prendre des photos, mais aussi proches de la réalité qu'elles puissent paraitre, elles nous semblent vraiment fades par rapport a ce que nos yeux ont vu pendant 3 jours. Une fois la nuit tombée et apres avoir fait 5 km pour trouver Jeanjean qui foncait tete baissee dans la mauvaise direction, sans vraiment savoir ou il allait, nous avons diné sur le bord de la route chez une famille qui nous a préparé trois soupes de noodles. En arrivant au village de Tad Lo, un villageois a tendances agricultrices (oh oui) nous propose de visiter ses bungalows. 25 000 kips par nuit (2 euros) pour la chambre. Parfait. Pas de douches, on verra ca demain, il est temps de boire une BeerLao en souvenir des kilometres avalés dans la journée. Un couple d'allemands nous rejoint pour échanger des histoires de voyages au coin du feu. Une "bonne nuit" a tous et au dodo.
Jeudi matin, Tifenn nous a laissé un mot sous la porte disant qu'elle partait prendre le petit dej'. On la retrouve dans un super spot au bord de la riviere, a deux cent metres de la cascade de Tat Hang. Juste en dessous des gamins font les cons sur un espece de radeau en bambous, deux-trois moines se baladent sur le pont et l'ambience générale est au zen absolu. Le café Lao envoie du gros, nous disons "See you later" a Tifenn qui rentre sur Pakse et nous reprenons les motos pour aller voir Tat Suong a quelques kilometres au-dessus du village, un fois passé la centrale électrique puis le pont, on arrive a un hameau. Impossible de louper la cascade : les enfants nous gueulent "waterfall ! waterfall !". Ils nous font passer a travers les cailloux, puis escalader des rochers, ramper sous des bambous, escalader tant et plus de rochers, sauter d'une rive a l'autre et finalement arriver au pied de la cascade. Pas trop d'eau a cette époque de l'année mais la perspective est a en perdre le souffle... principalement parce qu'on a pas fait de sport depuis des semaines :)
Vers 11h nous quittons Tad Lo. Nous faisons chemin inverse, la meme piste reliant Ban Beng a Thateng. Les enfants sont toujours la. Certains se mettent en ligne, la main en l'air pour qu'on les check en passant. Une petite fille est si contente que je lui fasse coucou en disant Sabaiidee, qu'elle en saute sur place, surexcitée, en me gueulant un SA-BAII-DEE en trois temps. Peu apres Thateng, Jean nous fait le coup de la panne. Sa roue arriere est crevée. On demande aux gens au bord de la route qui nous indique la maison de la personne qui peut nous réparer ca, 3km plus loin. En dix minutes et 30 000 kips, l'affaire est réglée, sous les yeux de petits chiens et chats qui viennent de naitre. Sok dii ! Nous nous arreterons ensuite a Sekong pour boire un verre. Enfin les 80 derniers kilometres jusqu'a Attapeu se font avec la réapparition du soleil sur notre droite. La route est un peu plus sinueuse que celle de la veille et nous nous régalons a la conduire. Arrivés a Attapeu juste a temps pour voir le coucher de soleil depuis la chambre. Apres s'etre ensablés en mode Paris-Dakar sur le chemin qui borde le fleuve, nous avons trouvé un restaurant vietnamien ou le personnel et la bouffe, peu sympathiques, ne resteront pas dans les annales.
Apres une balade le long du fleuve, on est partis se coucher, tres légerement fatigués, a 20h pour une nuit de quatorze heures :)
Levés a 10h, donc, pour une derniere mission, 170km pour rentrer a Pakse, dont plus de 70 sur une piste datant de la deuxieme guerre d'Indochine, a travers la jungle et les plantation de cafeiers. Super journée a 30km/h de moyenne a bouffer de la poussiere et des moustiques en évitant les ornieres et les nids de poules. On s'en est sortis sains, saufs, et crades. 3 jours a easy rider les plateaux : Ca envoie du Lao !

Publié dans Laos

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article